Go Naked

Coin secret d'une lesbienne trentenaire, parisienne, crue, timide, phobique sociale et bi polaire... Voilà, ça au moins, c'est dit!

26 octobre 2009

[ La route en face ]

Masque_de_ventre

"Masques de femmes"
Peinture: Constip'

Ses yeux sont allumés, plongés dans les miens, elle ne les baisse pas alors moi non plus. Plus je la fixe, plus j'ai un genre de fébrilité dans le corps.

Je tremble. Je suis à deux doigts de rougir. Mes pensées vont à toute allure. Je me sens habitée. Fragile au moindre de ses faits et gestes. Suspendue à la moindre mimique. Et ce chaud dans le ventre qui rassure ... "Ce n'est pas une angoisse Constip', c'est une émotion, un sentiment, quelque chose de vivant". Je dois accepter le vivant dans mon ventre. Que ça bouge. Assumer d'être atteinte, profondément. Ne pas fuir par l'humour ou le dettachement. Me laisser aller. Renverser mon visage en arrière et fermer les yeux. Accepter d'être aimée de cette façon la. Savoir lacher prise et m'en remettre à elle avec confiance. S'en remettre à un tiers, quel flip... Je me rends bien compte que ça fait des années que je fuis cet état fragile. Que je suis raide. Absente. Et que je méprise l'Amour parce qu'il ne m'a jamais rien apporté ... Ou pas ce que je voulais sur le moment. Je ne peux qu'être humble devant ses gestes qui m'entourent. Qui font de moi une femme de nouveau. Une femme ... moi? C'est ma découverte du moment. Je la remercie de m'aimer encore malgré mon cynisme et mon amertume. De vouloir me grandir. De vouloir mon bien. De venir fouiner sous le vernis et le panache que je peux me donner. Je ne la quitte pas de la nuit. Je l'écoute dormir, calée dans son dos, et je sais, je sens que je suis à ma place. J'inspire profondément. Me sonde. Oui, je suis bien et je vais aller de mieux en mieux parce que mon envie de vivre est un moteur incroyable.
Je n'ai pas le soutien de certains de mes proches, mais est ce si utile finalement quand il sagit de se laisser porter par ce qui émane du ventre? D'autres ont peur pour moi, mais pourquoi écouter leur peur quand je tente de ne pas écouter la mienne? ... Et puis il y a les réactions de celles à qui je dis non ... J'assume, les remontrances, les scènes, les reproches, les grincement de dents. J'y suis habituée. J'ai déjà si souvent crevé des coeurs avec ma façon de prendre tout à la légère... Mais je sais ce que je veux. Que l'on se réjouisse ou pas pour moi, je vais là où mon instinct me porte. Parce que j'y crois.

Oui j'y crois, alors je garde mes yeux dans les siens. Je ne fuis pas. Et tant pis cette agitation electrique qui survient tout le temps, c'est ça être en émoi. Je dois cesser de le prendre pour un viol. Je reste face à elle qui me fixe d'un air ... aimant? Même boiteuse? Faible? ... Oui ... Je n'avais pas compris les critiques. Je n'ai pas un problème de faiblesse, mais un souci de sincérité envers moi même. Alors bien sûr que j'y crois, puisque je crois de nouveau en moi. Je les aime ces yeux allumés, qui me montrent autre chose de moi. La Duchesse croit en moi, je dois y croire encore plus qu'elle ... à ma valeur de femme. Et c'est en m'aimant mieux que je peux l'aimer d'avantage.

Et puisque ce n'est plus un exercice impossible, j'ai devant moi la route toute tracée.
J'y fonce, même si j'ai une réelle crampe à l'estomac quand l'intimité monte.
Trop? ... Non justement.
Juste normalement.

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15 octobre 2009

[ Sevrage et Libèrté ]

o_Valium_10mg__2_

Pour me prendre en main, j'ai décidé un sevrage de Benzos. Cette merde de Valium que je boulotte dés les premiers tremblements de la moindre émotion. Attention, je ne fais pas ça à l'arrache, je réduis de moitié d'abord. Mais j'ai la volonté de perdre ce reflexe.

J'ai remarqué que certaines anxiétés venaient du manque. Je me suis vue comme une toxico. Prisonnière. J'angoisse, j'en prends deux, si je n'angoisse pas et que je n'en prends pas, j'angoisse par le manque. Absurde ...

Je ne le fais pas non plus sans surveillance. Le deal avec ma psy est que je fasse un peu de sport et que je sois plus présente au centre. Je suis pour. Motivée à voir devant.
J'ai aussi pas mal lu sur le sujet pour être sûre de na pas faire n'importe quoi avec mon corps, je suis tombée sur ce site qui m'a confirmé que je devais passer à autre chose de plus naturel : http://www.benzo.org.uk/freman/bzcha02.htm.

J'ai réduis il y a deux jours (agités mais tant pis, tout passe) et mon état de ce matin est une preuve que c'est franchement de la merde. Moite, idées confuses, envie de pleurer sans raison, je grelotte de froid les aisselles trempées de sueur, dents serrées. Crampes dans les pieds. Une vraie prison ce corps là.

En attendant que ça sorte de mon organisme (et du reflexe parce que des fois ça serait si facile d'en prendre juste un de plus ... ) je prends des bains pour me relaxer, parfois plusieurs dans la journée. Je ne m'agite pas trop pour éviter l'effet boule de neige. La lumiere du jour aussi, je sors plus souvent (même si les jambes tremblent, il faut). Je passe, même un court instant chez une amie qui vit à coté pour changer de cadre. Ne pas rester inactive pour ne pas laisser de terrain à l'angoisse, même avec les idées confuses il faut se forcer à se concentrer. Mais le sevrage d'une addiction à ses paliatifs bien connus : drogue, alcool ... Je me retiens. Je ne veux pas, je réduis tout.

Je vais passer de sales moments, mais c'est un mal pour un bien et mes émotions seront plus naturelles. J'ai vécu des années sans, je m'en souviens bien, il n'y a pas de raison que je ne puisse plus.

Pour ceux et celles qui sont tentés par la même démarche, je vous conseille vraiment ce site et d'en parler avec votre psy.

Je crève la, mais je sais que je vais respirer aprés.

 
"Valiums"

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13 octobre 2009

[ War in Life ]

angel

Il suffit de ne pas attendre que les autres me relèvent, mais de trouver en moi l'energie dont j'ai besoin, et d'en disposer. Alors les jours changent, prennent une autre couleur. Je me suis mis en tête de ne compter que sur moi même et c'est un exercice qui me demande d'abord de me faire confiance. Mais ça le fait.

Fini le lit. Je m'ouvre le poitraille pour mettre mon pied dans le mouvement comme me dit mon père. J'y suis. Repètes qui me font rire. Projets qui me donnent un avenir. Rangement qui me garde la tête hors de l'eau. Tendresses qui me cajolent. Plus aucune journée dans le vide, c'est terminé. J'y veille. ça coûte, mais ça coûte à tout le monde. Et comme je ne suis pas plus bête qu'une autre ...

Je vire tout ce qui me traine vers le bas. Tout ce qui me confirme que la vie c'est de la merde, parce que la mienne n'en est pas une. Alors je me tourne un peu vers les autres, j'essaye de donner quelque chose ... je ne suis pas bien au point. Evidement, j'ai toujours ce poids là. Et quelques sensations parasites qui viennent me fragiliser. Mais je ne me laisserai pas faire. Je ne coulerai pas. J'irai en société, travaillerai, resterai active, même les mains tremblantes.

A force de prendre sur moi ça deviendra naturel. Je compte là dessus. Je n'ai plus honte de bafouiller, j'assume. Rougir, avoir les larmes aux yeux, même en public. La belle affaire. Et puis, ce n'est que le corps. Qu'il fasse sa vie.

Ma tête est bien là. Elle sait ce qu'elle veut. J'irai là où je veux.
Vers la vie devant moi.
Aujourd'hui, je n'ai besoin de personne pour ça.

Je respire mal, mais assez pour vivre, je devrais en être heureuse.
J'entre en guerre avec cette partie de moi qui se traine.
Sans me nier.
Etre mon propre tuteur.

 
"Angel"
Photo: Constipulsive

 

 

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08 octobre 2009

[ Ce genre là ]

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comment expliquer?

Je ne dis pas grand chose. Mais ça se bouscule beaucoup en moi, émotivement. Je me sens vraiment trés fragile. J'en suis plus timide et reservée. Je plonge parfois, à d'autres je m'agite. Et puis je souris. Ok c'est pas non plus le grand sourire avec le ventre leger. J'ai un poids constant qui ne me quitte jamais, douloureux, mais je souris tout de même. Même si ça pleure dedans. Je m'accroche à l'idée que c'est un signe, que ça va enfin me quitter. Parce qu'on s'habitue à la douleur. Je n'ai pas envie de m'habituer à cet état. Alors je prends les devants. Inutile de tenir à un certain statut. J'abandonne.
On sera ce genre là et puis c'est tout.

tant pis.

"Corbeau"
Photo: Constip'

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02 octobre 2009

[ Ebauche d'horizon ]

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Le silence est rompu. En quelque sorte.
Du coup je n'ai plus ce poids dans l'estomac. Cette envie de ne pas vivre les jours. Je n'ai plus de raison de les vivre dans mon lit. Alors je me suis levée. Je me suis trainée quelques jours pour me forcer à ranger pour me recoucher sans arrêt. Parce que je trouvais que c'était un vrai suicide que de se laisser aller dans un tel merdier. Et joie, tout est clean à force. A sa place. Rien ne traine.

Le cahier des charges est clair: Taire ce qui peut me traverser. Rester à ma place. Accepter.

J'y suis un peu habituée. A tel point que j'imagine trés bien la suite. Je me vois déjà être impassible et fermée quand des chevaux galopent dans mon esprit. Avaler en marchand sur des oeufs. Me persuader seule de ma propre valeur. Me dire qu'elle ne tient pas à ça. Ne pas s'écouter, attendre. Tomber le masque une fois revenue dans mon intimité pour grimacer à loisir.
Faire genre ... ignorer ... c'est un art.

Donc debout, l'appart nickel, le petit chien qui pavane avec son jouet en bouche, je suis maitre de mon univers. J'ai un choix d'occupation incroyable. Tant que je ne sais quoi choisir.

Bien sûr y a des petites taches au plafond. Des objets ici ou là qui ramènent un peu en arrière avec son goût. Y aussi l'absence de petites attentions surprises. Mais si on ne les attend plus ...
De toute façon ces derniers temps, je ne dormais plus avec mon téléphone. Et je dois me persuader que, ce n'est pas parce qu'il n'y a plus ces petites attentions que l'autre en a forcément rien à foutre.
Et je chasse très vite mes pensées parce qu'elles ont la couleur du regret, et ce n'est pas bon. De toute façon il y aura toujours cette couleur, alors autant faire en sorte qu'elle ne m'encroute pas. Que ça ne prenne pas tout. Je sais pour l'avoir vécu que par moment tout ça prendra le dessus, je dois vite savoir apprivoiser ça.

ça.
Tout réduit à ce petit mot, pudique et réducteur. ça.
Une partie de ma vie en deux lettres.

Des images, des intentions, des moments, des photos, des mots, des élans, des souvenirs, des bonds dans le coeur, des reflexes, des odeurs, des envies, des projets, des rires, des secrets, des touchers, des souffles à étouffer. A mettre au placard. Je me sens encore mal assurée devant cette boite de Pandore, mais ce n'est pas comme si j'avais le choix. Alors ...
Il faut s'y faire, l'entendre parler des autres et de ne plus se retrouver dans sa bouche. Avoir le visage du passé. Ne plus savoir où se trouve l'autre ni ce qu'il fait. C'est comme ça.
Pour une fois que mon àquoibonisme me sert à quelque chose ...

Je suis encore un peu seule au dedans, mais ça peut changer si je le veux vraiment. J'ai le corps fermé alors j'évite les corps des autres. Je ne vais pas m'inventer une libido pour m'occuper et me rassurer, ça me donnerait la gerbe. J'évite aussi certaines perches envoyées. Je tiens à vivre un peu mon célibat. SInon j'ai l'impression de remplacer. Je ne peux pas. J'ai tendance à aller vers un certain physique instinctivement. C'est idiot, et ça veut dire que je dois laisser passer du temps.

En résumé, ce n'est pas facile non. Les démons ne sont pas loin et je les vois. Mais ce n'est pas insurmontable. Je reste silencieuse alors, et me contente de ce que j'arrive à puiser en moi. Il n'y a pas grand chose pour le moment, mais je sais que c'est la bonne démarche.

Je garde tout de même un texto sur moi. "Mes pensées à toi ...". (21/09/09. 13h33). J'aime le relire. Je pense avec peine qu'il est le dernier ...
Je le dépose là, pour quand je ne l'aurai plus. Pour les jours où j'aurai de la peine de ce lien coupé. Me souvenir de l'energie qu'il m'avait donné.

 
"Manège"
Photo: Constip'

 

 

 

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29 septembre 2009

[ Né(e) à la place d'un autre ]

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Posté par constipulsive à 15:02 - Mon coté Moi Je. - Commentaires [0] - Permalien [#]

28 septembre 2009

[ Empty Minds ]

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"Empty minds"
Photo: Constip'

J'arrive chez ma partenaire scénique, un peu en avance. Il y a des invités. Je déconne pourtant, souris, réponds quand on me parle. Je lève mon verre. C'est la dernière. On doit y mettre du coeur, profiter, s'amuser. Mais quand les invités s'en vont, ma partenaire a les larmes aux yeux. Elle me dit qu'elle n'est pas dupe. Quelle voit comment je suis. Eteinte. Je ne participe pas vraiment. Je n'ai pas le petit mot pour rire. Pas de blague débiles. Elle me dit que "heureusement que tu n'étais pas comme ça quand on a ecrit la pièce".
Je suis touchée. Son mec en ajoute une couche. Il me secoue un peu. Lui aussi n'est pas dupe. "Oublie!"

Alors quoi? Je fais bonne figure mais ça ne marche pas. On me voit faire.

On joue la dernière. Salle pleine. Je tremble un peu. Bafouille par moment mais on arrive au bout de notre heure de jeu. Le premier rang nous interpelle à la fin pour nous dire son contentement. On remercie le théâtre, les regisseurs, le monteur son... On range nos costumes, démonte le decor et on éteint la loge. Je me sens plus légère.
Tournée gratuite au bar. Des amis sont venus. Du public est resté nous parler. Un membre de la direction veut que je passe la semaine prochaine. "Je veux t'aider moralement à monter un One parce que tu serais parfaite"... Un One, moi qui tremble à deux sur scène, on me pousse à essayer seule. J'écoute, j'entends.

Taxi de nuit. On charge le decor. Derniers efforts.
Une fois le décor rangé, on se boit un verre entre nous. Il fait frais. On se motive pour la suite. On extrapole. Trois heures du matin, je rentre à pied avec mon costume sur le dos. La place de la République est fluide. Les kébabs de la rue du Feaubourg du Temple ne sont pas fermés. Un troupeau fume devant le Gibus. J'ai les mains dans les poches. Je n'ai pas allumé mon mp3. Je suis consciente qu'une autre période arrive.

J'ai reçu un mail long comme le bras de mon père. Sans que je ne demande quoi que ce soit, il me prévient qu'aprés le stress régulier de la scène, on a un coup de mou. Il anticipe à ma place. Il me connait. Et puis on fait à peu de chose prés le même métier. Je lui réponds dans la nuit. Un long mail aussi. Je lui raconte tout depuis deux mois. Je sais que je peux tout dire. Qu'il va entendre. Qu'il va répondre de façon intelligente. Alors je lui livre tout mon bagage, sans la retenue qui me ceintre depuis quelque temps.

Je dois m'accrocher aux choses bêtement matérielles. Agir comme un robot. Penser le moins possible. Integrer la notion de repos. Ne pas être inactive là d'un coup. Je dois me persuader que je suis une artiste, et que les artistes vivent avec leurs émotions. Que les émotions ont aussi le revers de la medaille. Qu'il faut l'accepter... De se vivre.

J'ai accompli quelque chose, j'en ai perdu d'autres en route. C'est peut être un genre de loi logique. Aller jusqu'au bout d'un truc et en perdre un bout au passage. Il me reste à m'y faire.

Le sommeil tarde à venir. J'ai des rêves en moins. Les reveils sont plus lents. Tout est plus lent sans cette energie dans les membres. Alors je zone sur le net la nuit. Je tchat sans grande conviction. Je range mon appart petit bout par petit bout et passe mon temps dans mon lit. Une heure par ci, une heure par là sous la couette.

"Tu n'es pas là" m'a t'elle dit ses yeux fixés sur mon visage.
Non, je ne suis pas là. Ne m'en veux pas. C'est à prendre ou à laisser.

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26 septembre 2009

[ Dernier levé ]

autoportrait_small

Le vent tourne.
Tout le monde m'appelle par mon prénom pour s'adresser à moi.

"Constipulsive, écoute ce que je vais te dire... ", "fais attention constipulsive... ", "constip' dis toi bien que...". ça veut dire que je dois écouter. Alors j'écoute.

C'est la dernière représentation ce soir. Du coup je me rends compte que j'ai passé les trois mois de travail complêtement tournée vers moi même. J'ai négligé tout le reste à force de concentration. Et là, je me prépare au vide.

Et le silence de La Duchesse. Pas un mot. Pas une nouvelle. Elle fait son deuil quelque part et je suis impuissante. ça me mord la peau. J'attends. Je surveille mon téléphone de jour en jour.

Jouer, démonter tout le decor, le transporter, le ranger. La soirée va être longue ...
Ensuite, dormir, peindre, dormir ... dormir. Hyberner un peu dans mon coin. M'enfermer, tout ranger comme pour un nouveau départ. Et passer un peu de temps dans mon lit à écouter les bruits de la petite coure. Fumer, peindre ... tourner en rond.

J'anticipe le vide, le silence, l'ennui, le manque.

Et puis analyses à faire. Depuis deux mois je suis un peu instable. La Duchesse m'avait mise en garde mais je n'ai pas écouté. J'ai mis ça sur le compte du stress du théâtre. On verifie mes hormones avant de decreter que j'ai un trouble de l'humeur. J'ai peur du labo. De me lever tôt parce que ça fait une longue journée à supporter ensuite.

Et puis autour de moi ... pffff.
Pas une pour rattraper l'autre. Des gueules cassées encore. Partout. L'une bourrée veut se foutre en l'air, une autre veut quitter son taff et boite, une autre encore me demande de l'aide et de l'écoute. Comme si j'avais les épaules. Comme si j'étais en mesure de porter. Moi.

Des gens sains. J'en manque. Mon entourage va me plomber si je ne fais rien.

"autoportrait"
Photo: Constip'

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20 septembre 2009

[ La voix des autres ]

terrasse

Je suis dans le froid. Je ne m'en plains pas. Je ne manque pas de chaleur autour de moi. Je ne suis juste pas disposée à prendre celle qu'on me propose. Parler, échanger, oser, partager, et pire : Donner.
Je suis en sens unique.

Et comme la petite Matmor"T" a abandonné son blog, et qu'elle m'a envoyé un texte qui a eveillé quelque chose de fort en moi, je le transmets ici.

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C'est pathétique, quand on y pense.
Au fond, personne n'est capable de contrôler ses actes.
Et c'est  ce qui nous rend faible.
On fait le contraire de ce que l'on avait pensé faire, ou l'on ne fait pas ce que l'on avait décidé de faire.
Ou pire, on ne le fait pas.
Quoi que l'on fasse, on le fait mal.
Il n'y a pas de mots justes.
A vouloir nous débattre, et à vouloir se sortir de situations inconfortables, nous nous enfoncons toujours plus.
Comment réagir face à ça?
Chacun a une solution différente.
La mienne sera de me taire.
A chaque fois, je regrette les mots que j'emploie.
Car ils sont toujours mal choisis.
Au final, on cherche les mots justes.
Alors que les bons sont peut-être ceux de notre coeur.
Mais même ceux de mon coeur sont salis par ma bouche.

Matmor"T"

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Merci Mathilde, tu as mis le doigt sur quelque chose.

J'écris des lettres en sourdine dans ma tête. A longueur de temps. Des lettres avec mon coeur mais que je n'envoi pas. Par volonté de taire un peu les remous. Des lettres à tous le monde, par volonté de m'ouvrir. Mais non, je ne m'ouvre pas. C'est dommage ce manque de courage. J'ai des choses à dire. A tout le monde. Des choses qui viennent du coeur, et positives. Mais je suis fermée. Ca fait de la peine à certains, qui me le reclament. Il faut que je travailel là dessus, pis quoi? Les prendre un par un et leur livrer ce que j'ai de bon. Pourquoi toujours montrer le pire de moi même?
C'est être malhonnete vis à vis de soi.

Moins égoiste. Donner à ceux qui le font. Faut que je m'ouvre et que j'arrete de me plaindre du blindage que j'ai mis moi même. Et tan pis si je n'ai pas la bonne réaction devant moi. Il me faut m'ouvrir, vraiment. Sinon je n'avancerai pas avec honetetè.

Mes lettres en sourdine, il faudrait qu'elles soient dites. Parcequ'elles sont bien plus autentiques que mes mots. Go Naked est ecrit en gras sur mon en tête, et je ne suis pas toujours sûre d'y venir aussi nue que ça.

"Terrasse"
Photo: Lola

Posté par constipulsive à 16:20 - Mon coté Moi Je. - Commentaires [3] - Permalien [#]

18 septembre 2009

[ Dégout Intercostale]

dog_toy

Pour ceux qui ont suivi, il y a un an, je ne pouvais pas jouer. Ni même apprendre un texte. Sortir à des concerts. Me confronter à des inconnus. Dormir dans mon lit. Avoir un ryhtme de travail. Prendre le métro trop longtemps. Aller dans un centre commercial. Decrocher le téléphone. Passer l'aspirateur. Faire la cuisine. M'occuper de moi.

Un légume sale, mort, qui râlait dans son coin.

J'y suis arrivé à moitié. A grand coups de secousses de La Duchesse. Il faut l'avouer, il lui aura fallu de l'amour pour ça.

Qui voudrait de quelqu'un qui ne se lavait plus les dents?. Laissait son gel dans ses cheveux une semaine? Qui ne changeait pas ses draps? Ne sortait plus son chien? Habillé comme un sac? Quelle fille voudrait de quelqu'un qui ne l'attend pas? Qui n'est là que la moitié du temps. Qui ne se maquille plus. Ne fais pas attention à elle. Traine et la reçoit en pygama, même pas épilée. Dans un appart sans dessus dessous, rempli de mégots. Qui pue la clope.

La Duchesse m'a quittée cent fois pour ce que je prennais pour des détails. Me l'a répété. Elle voulait avoir une jolie histoire. Même simple. Et je me suis comportée comme un ours. En lui manquant de respect autant qu'à moi.

Alors en un an, il y a des choses qui ont évoluées. D'autres toujours pas. Ma psy me rassure et me dit de me concentrer sur ce que j'ai reussi, et de voir ce qui n'a pas marché comme un projet. Elle a raison.

C'est un peu honteux d'écrire tout ça. C'est vrai, ça l'est.
C'est dégradant pour soi. Et puis ce ne sont pas des choses à ressasser quand on va moyen.
Mais il faut aussi être honnete avec soi.

Alors si souvent la Duchesse a été dure, c'est parce qu'elle devait se porter un boulet. Et ne nous mentons pas, personne d'entre nous n'envisage un jour de rencontrer le parfait boulet pour faire sa vie avec.

J'ai mal de cette liste. Elle me fait tanguer le bide. Mais met les choses au clair. Je vois bien qu'elle a morflé. Sur ce j'ai décidé de ne pas moufter. Je prends ma part de responsabilité dans ce qu'il se passe.
C'est honteux à écrire et à relire. Du coup j'imagine que La Duchesse a du donner toutes ces raisons pour expliquer notre séparation. Il en découle que j'ai d'autant plus honte alors que tout le monde sache la decrepitude dont je suis capable. Je ne vais pas approcher ses proches je pense. J'ai trop honte.

"Il y a des choses chez toi qui me manquent, mais crois moi je respire!"
La phrase lancée, flotte dans l'air et résume bien tout ce que je viens de dire.
Elle me claque la joue.
Depuis elle tourne dans la tête. Elle est le trou dans le ventre. L'acide au crane.

"Il y a des choses chez toi qui me manquent, mais crois moi je respire!"
Et ça donne envie de péter sa porte du poing.
" ... Je respire"
La chance ... 

J' ai jeté les lettres, elle me disait qu'elles n'étaient que mensonges. Illusions.
A quoi bon garder? Je suis dégoutée un peu de la tournure des choses.

Je tombe un peu de haut devant ses révélations. Me dire combien elle était mal avec moi. j'ai comme de l'ecoeurement.

Je passe mon tour, vais me terrer dans un coin. Attendre que le temps passe avec toutes ces phrases qui tournent.
Tenir encore un peu de temps, et bientôt, plus de théâtre, plus de copine. Du temps pour moi qu'il va falloir remplir sans me laisser aller.

Allez, cinq représentations encore ...

"Dog Toy"
Photo: Constip'

Posté par constipulsive à 11:55 - Mon coté Gouine. - Commentaires [0] - Permalien [#]



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