po

 

Pas de quinte sur vingt quatre heures. Les poumons ne sifflent plus.
Pas de gorge qui suinte, de maux de coeur. De ganglions en surplus.
Le corps sans plainte. Je suis tout juste fourbue.

Et devant la glace quand je m'habille, Ton rouge à lèvres laissé sur l'encre de mes racines. Racines de gouine héroïne. Héroïne que tu vaccines à domicile. Tu m'as dit "prends ton temps. Un café. Claque la porte. C'est con je n'ai plus de double de clef. Ne stresse pas d'être là". Keupon l'intermittent s'est recoiffé. Ce discours là il l'a connu, le reconnait. A claqué la porte directement. N'a pas traîné. A stressé d'être là, genre comme avant. A quitté l'endroit pressé. Et ta clef, je ne le dis pas. Ta clef, je ne la veux pas.

Dans tes draps sans toi je ne suis pas bien. Je ne dis rien toujours, mais n'y suis pas bien le jour. Parce que le sol est au sol, le plafond au plafond. Dans tout cet ordre établi, multiplace, je reste l'anomalie. Ce qui s'efface. A ce statut déjà vu. Tipexé dans l'entrée en seule trace. Mes reins qui ne sont plus tiens sont vexés du passé. N'attendent rien. Sans toi cet endroit je m'en fous bien. Il m'a émoussée. Et je le fuis volontiers. Avec ses empreintes, souvenirs déformés. Le faux où tu m'as adaptée. Je ne l'aime plus bien.    Au beau milieu de tes murs. Contenant du néant. Le moment du café je ne le prends pas. Je ne suis pas chez toi, mais chez toi et ton amour passé, foutu, étalé. Je ne lutterai pas contre ça, je n'en ai pas le temps. De compassion pour toi sur ça. Je ne lutterai pas contre ça, je n'ai plus vingt ans. C'est cassé dedans, et je ne m'insulterai pas.

Je ne garde que tes poings liés. Tenus d'une main. Ton cul, mon particulier, baisé en élans païens. Je ne fantasme qu'autorisé, qu'à être ton geôlier. Te prendre en tours de main. Prier le sein des seins. Et tu souris, tu cries, d'avoir mal au corps. D'être écartelée. Tu dis le mot baiser. Baiser il n'en n'est presque rien. Baiser, bouffonne, c'est bouffi de bidon. Si je n'étais qu'à te baiser j'en ferais trois fois moins.  Baiser c'est vénérien.  Baiser pour moi, c'est le petit bain.