foretbasse

Moi, je suis au bord de m'en aller. Je M'en Irai Toujours prend ses couleurs sur le papier. Papier brûle comme l'arménien, papier-bulle éclate sur le chemin. Des pocs! de fumées, ambrées sous les pas. Pocs! dans le sommeil vers toi. 
Vers toi c'est une foret tragique, rousse et verte-vierge. Les mousses cachent des pics qui poussent aux milieux de trajets. Et les fougères s'enroulent, fourbes, autour de mes pieds si des fois je prenais froid. Fougères à foulures, me tirent vers les arrières fainéants des vents de verre.
Le verre est fragile à se briser. Les vents disparaissent à s'emporter. Les forêts sont faciles à survoler. Et vers toi ce n'est pas si loin que ça.

Je trace sur le vrac un cercle à un coté, colorié de bleu, raturé de vermillon, et ne vois plus alors que le silence des expressions. Il me faudra attendre, attendre l'idée d'y écrire dessous que là dedans rien ne bouge, qu'il s'agissait juste d'un bleu et d'un rouge, pour enfin entendre des yeux ouverts.
Et ce manège ci, comme il gronde à cette vitesse là. Cavalier lamentable sur un seul cheval et sa ronde, ferment ses faux plafonds, lissent son écume, salivent entre ses doigts pour s'y coller des plumes. Des plumes que j'arracherais pourtant pour toi, si elles n'étaient pas à moi.

Plus tard, elles recouvriront mon dos par paquets de cent. Perceront ma peau en douleurs jusqu'au sang. Et déjà je le sens, le petit vent frais dans le duvet, la fracture du mollet au moment de pousser, de décoller, de m'envoler au printemps.
Je le devine comme ça. Je me connais faire. Je me sais sentir. Je me parle à me retenir, et ça ne dure jamais ça. Pour tout le monde et chez personne. Ça ne dure pas cette façon là.

Cette forêt tient une bonne place, et j'ai peur qu'en quittant ces branches, parce que tu penches, tu ne t'épuises à la dompter pour te rassurer. Je grignote et ronge mes coudes d'encre, à l'imaginer sans son vert, sa lumière, sans tes cils friser sur les cimes. Et de toutes mes vies, de mes voyages du haut en bas, jamais je n'ai réussi une seule fois à imaginer une forêt de silence, une forêt basse, que rien ne dit, où rien ne vit, sans oiseaux, sans aucune feuilles dans l'érrance.
Cette image de toi, dans un tel cauchemar, me murmure la peur, effrayée, au sombre milieu d'un nombre immense de troncs droits, de racines aiguisées et de lucioles empoisonnées alors ...  Alors à chaque fois que je retrouve la bordure des forêts, je dessine un arbre de plus, puis un autre, puis un autre. J'étire un maximum et finis au même endroit sans finalement ne jamais l'avoir quitté, ni toi.