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Allée E, siège 17, mes doigts soutiennent chaque syllabes. L'on me demande si je vais bien, si je reviens de Berlin, si je vais voyager bientôt. Cinq heures, dans les rues ce matin. Sur ma porte, un mot de ma voisine. On s'aime bien.     Sur mon bureau, du travail pour demain, pour le mois qui vient, pour l'an prochain.       Je rentre les mains dans les poches. Je souris parce que je vais bien. Parce que vais aller au bout. Parce que je ne demande rien. Je n'ai aucun besoin.    Le corps s'endort, me laisse. C'est une trêve, une guerre, on se blesse.       Sous mon pas, le chemin je le vois, je l'ai toujours dit, c'est celui qui me va, mais voila tu n'écoutes pas. Toi tu réécris, rends joli, veux faciliter ma vie. Tu colories, refais le monde et quand tu fais ça tu veux changer le mien aussi.      Je souris, ma semelle est sans souci. Sans tout ça. Je suis ici, et puis là bas. Un feu follet filant en feintes faciles et disparaît. Je n'ai pas l'envie mais j'ai une cane de bois. Tout ce qu'il y a à l'intérieur de moi.   Et ça vaut de l'or, son poids en corps, de l'or en noir fendu multicolore.     Rien ne peut être mieux, entre ici et dehors. Rien à ajouter, qui ressemblerait à un effort. Juste la peur cachée derrière mon sourire. Derrière chacune de mes dents se cache l'idée de déguerpir. Je n'en fais rien, parce que je me suis prévu bien pire à venir et du sourire à prévoir encore.  Allée E, siège 17, les bois se promènent et le violoncelle se plaint. Je suis rentrée à pied, ça n'est pas si loin, il ne fait pas si froid. Les rues me font marcher, mes veines en ont besoin et ça empêche mes os de se frotter. Je suis mobile, surtout à cinq heures du matin. Je rentre chez moi, et chez moi c'est partout à la fois du moment que c'est mon pas. Du moment que c'est le mien.