15 octobre 2009
[ Sevrage et Libèrté ]

Pour me prendre en main, j'ai décidé un sevrage de Benzos. Cette merde de Valium que je boulotte dés les premiers tremblements de la moindre émotion. Attention, je ne fais pas ça à l'arrache, je réduis de moitié d'abord. Mais j'ai la volonté de perdre ce reflexe.
J'ai remarqué que certaines anxiétés venaient du manque. Je me suis vue comme une toxico. Prisonnière. J'angoisse, j'en prends deux, si je n'angoisse pas et que je n'en prends pas, j'angoisse par le manque. Absurde ...
Je ne le fais pas non plus sans surveillance. Le deal avec ma psy est que je fasse un peu de sport et que je sois plus présente au centre. Je suis pour. Motivée à voir devant.
J'ai aussi pas mal lu sur le sujet pour être sûre de na pas faire n'importe quoi avec mon corps, je suis tombée sur ce site qui m'a confirmé que je devais passer à autre chose de plus naturel : http://www.benzo.org.uk/freman/bzcha02.htm.
J'ai réduis il y a deux jours (agités mais tant pis, tout passe) et mon état de ce matin est une preuve que c'est franchement de la merde. Moite, idées confuses, envie de pleurer sans raison, je grelotte de froid les aisselles trempées de sueur, dents serrées. Crampes dans les pieds. Une vraie prison ce corps là.
En attendant que ça sorte de mon organisme (et du reflexe parce que des fois ça serait si facile d'en prendre juste un de plus ... ) je prends des bains pour me relaxer, parfois plusieurs dans la journée. Je ne m'agite pas trop pour éviter l'effet boule de neige. La lumiere du jour aussi, je sors plus souvent (même si les jambes tremblent, il faut). Je passe, même un court instant chez une amie qui vit à coté pour changer de cadre. Ne pas rester inactive pour ne pas laisser de terrain à l'angoisse, même avec les idées confuses il faut se forcer à se concentrer. Mais le sevrage d'une addiction à ses paliatifs bien connus : drogue, alcool ... Je me retiens. Je ne veux pas, je réduis tout.
Je vais passer de sales moments, mais c'est un mal pour un bien et mes émotions seront plus naturelles. J'ai vécu des années sans, je m'en souviens bien, il n'y a pas de raison que je ne puisse plus.
Pour ceux et celles qui sont tentés par la même démarche, je vous conseille vraiment ce site et d'en parler avec votre psy.
Je crève la, mais je sais que je vais respirer aprés.
"Valiums"
13 octobre 2009
[ War in Life ]

Il suffit de ne pas attendre que les autres me relèvent, mais de trouver en moi l'energie dont j'ai besoin, et d'en disposer. Alors les jours changent, prennent une autre couleur. Je me suis mis en tête de ne compter que sur moi même et c'est un exercice qui me demande d'abord de me faire confiance. Mais ça le fait. Fini le lit. Je m'ouvre le poitraille pour mettre mon pied dans le mouvement comme me dit mon père. J'y suis. Repètes qui me font rire. Projets qui me donnent un avenir. Rangement qui me garde la tête hors de l'eau. Tendresses qui me cajolent. Plus aucune journée dans le vide, c'est terminé. J'y veille. ça coûte, mais ça coûte à tout le monde. Et comme je ne suis pas plus bête qu'une autre ... Je vire tout ce qui me traine vers le bas. Tout ce qui me confirme que la vie c'est de la merde, parce que la mienne n'en est pas une. Alors je me tourne un peu vers les autres, j'essaye de donner quelque chose ... je ne suis pas bien au point. Evidement, j'ai toujours ce poids là. Et quelques sensations parasites qui viennent me fragiliser. Mais je ne me laisserai pas faire. Je ne coulerai pas. J'irai en société, travaillerai, resterai active, même les mains tremblantes. A force de prendre sur moi ça deviendra naturel. Je compte là dessus. Je n'ai plus honte de bafouiller, j'assume. Rougir, avoir les larmes aux yeux, même en public. La belle affaire. Et puis, ce n'est que le corps. Qu'il fasse sa vie. Ma tête est bien là. Elle sait ce qu'elle veut. J'irai là où je veux. Je respire mal, mais assez pour vivre, je devrais en être heureuse.
Vers la vie devant moi.
Aujourd'hui, je n'ai besoin de personne pour ça.
J'entre en guerre avec cette partie de moi qui se traine.
Sans me nier.
Etre mon propre tuteur.
"Angel"
Photo: Constipulsive
07 septembre 2009
[ Apparté ]

Au nombre de pensées qu'on a pour moi, via textos, mails, messages. Aux silences partagés, les yeux dans les yeux parfois. A la façon qu'ont certains me prendre dans leurs bras, de me tenir la main. Jusqu'à la tape dans le dos aprés une bonne vanne ... Aux petits noms qu'on me donne, plein, tous différents. Aux sourires qu'on me tend, m'offre, échange. On m'aime. Si il y a bien un domaine où je ne me plains jamais, c'est bien celui là. On m'aime. Alors je m'étire. Tire sur ma clope. Enfile un Tshirt et ouvre un paquet de café. Le temps où je ne sortais plus. De ma desociabilisation, est terminé. Et je souris encore.
Je souris.
Bien sûr j'ai du mal dans les rues blindées. Oui je flipe des soirées remplies d'inconnus. Ok j'évite certaines situations évidentes pour la plupart. Et je n'ouvre toujours pas ma boite aux lettres. Mais je ne suis plus desociabilisée.
Parce que je ne le dois qu'à moi.
"Post it"
Photo: Constip
09 août 2009
[ Passage ]

3 heures au matin. C'est mon rythme en ce moment. Décalée par la force des choses. 3 heures au matin et reveillée à midi, déjà fébrile.
L'endurance au stress est un sport qui prend tout le corps, l'entendement et la raison.
Je joue trois fois par semaine, et je me balance.
Depuis quelque temps je me balance sans arrêt. Assise, je bascule mes épaules d'avant en arriere en continu. Comme pour passer une rage de dent. Un balancement lent et régulier qui m'aide à évacuer le stress dans le corps. C'est un peu honteux. En public j'essaye de contenir, mais ça me passe dans les jambes qui remuent. Dans mes orteils qui se crispent. Dans mes avant bras qui tremblent. Le tout avec des soupirs. C'est insuportable.
Canaliser, je n'y arrive pas. Me raisonner non plus, ça ne marche pas.
Je ne comprends pas.
Je connais mon texte, le lieu, ce que j'ai à faire. J'ai tout pour être satisfaite. Toutes les raisons pour avancer. Mais je me balance de stress.
La rage. Par moment c'est la rage d'être aussi émotive qui me gache le plaisir d'avancer là où je voulais pourtant.
Le plus intrigant, c'est me balancer les jours où je ne joue pas ...
Valium dés le reveil, pour une gestion sommaire de cette energie qui habite mes membres.
Neuroleptique pour la gestion de mes pensées désordonnées.
Je suis inquiète de retrouver cet aspect culbuto.
Et puis du neuf, quelque chose de doux qui s'effrite.
Celle Qui Dit Non me quitte. Me dit que je n'irai jamais marcher sur sa plage. Qu'elle ne me fera plus de cakes. Que je ne parlerai plus jamais prés de son visage. Celle Qui Dit Non dit non à tout désormais.
Elle ne veut pas la place d'une maitresse. Celle de l'ombre. Celle qu'on voit "aprés". Celle qui passe aprés la Duchesse.
Je rends un soupir sur ses encouragements. Ses mots simples. Ces webcams jusque tard pour se dire des betises, même rire d'une emission de télé que l'on suit à deux, à distance. Plus d'un an d'échanges en tous genres. De proximité. D'humour et de tendresse. De fantasmes et d'extrapolation. Son départ à l'horrible constat de me mettre face à moi même une bonne fois. Me rappelle que je ne peux compter que sur moi même. Au trés fond, ça me fait peur.
La Duchesse et moi sommes femmes à maitresses.
Il faut assumer que certaines ne veuillent pas de cette place.
Dans ma tourmente, je me croyais assise sur un tas de glaise. Au final, je suis la glaise molle et modulable entre les mains d'un destin qui m'échape et me dépasse.
Et comme l'energie et la volonté me manquent, je reste spectatrice de tout ça. De mon agitement corporel, du départ de l'Autre, du rythme mal assimilé et de ma faiblesse.
En point positif, j'arrive à me dépasser. Je ne reste pas prostrée trop longtemps. Je n'abime pas mon corps souvent anesthesié. Je ne depasse plus mes prescriptions. Je me sociablise un peu. Je prends sur moi au dedans. Je dors sans cachets, tardivement, mais ce n'est pas grave. Et surtout, surtout, je suis fière de mon travail accompli.
Une fois cette période finie, je pourrai me remettre à la créa. Me pencher sur mon projet pour l'ameliorer. Me remettre à peindre parce que la tension me bloque. Reprendre mon jeu video de façon sereine parce que detachée. Les évênements seront moins graves, lourds de conséquences. Et je finirai bien par oublier ce balancier qui habite ma chair.
"Fuck'in death"
Dessin gouache : Constip'
10 juin 2009
[ Désavouée ]

Depuis que je ne passe plus mes jours à fumer sur une toile dans l'odeur du white spirit et de la thérébantine, j'ai inversé mon fonctionnement.
La veille d'une journée avec une obligation, je me concentrais de façon obsessionnelle pour garder le contrôle de mon angoisse. J'anticipais l'action avec un anxio ou deux. Passais une mauvaise nuit. Retrouvais certains tics et manies.
Aujourd'hui c'est différent. Si j'ai une journée vide d'action, mes idées deviennent confuses. Mon coeur bat plus fort. Mes mains sont moins agiles. J'avale un Valium et j'évite café et fumette dans la journée pour cause de montée d'angoisse assurée. Du coup je dois me forcer à bouger.
Je range. Je bosse un peu par ci par là. M'avance même. Et surtout, surtout, je tente de canaliser ma reflexion.
J'en déduis par un raccourci bien personnel que pour être bien je dois m'obliger. Faire l'effort de ... Bosser, ranger, parler, bouger .... L'action.
Pour moi, qui n'aime pas les conseils en tous genres. Les "oui mais c'est bon pour toi" parce que réccurents au point de faire rengaine. La contention sur commande ou carrément l'obligation. Pour moi, ce constat est difficile à avaler.
Pour être bien il faut fournir: un effort + obligé.
Si c'est un des sens de la vie, me voila bien démotivée.
Du coup, et puisque aujourd'hui est une journée "libre", je vais tout de même me plier à cette idée dans l'initiative de me sentir mieux, et non parce que je j'y suis obligée.
En résumé, je mets des oeilleres à cette réfléxion en essayant d'être positive parce que ça, ce n'est pas un Valium qui va me l'apporter.
"Sabotage"
Photo: Constip'
12 mai 2009
[ Aride claustration affective ]

- ça va aller.
- Respire.
- Tout va bien se passer.
- N'ais pas peur de toi même.
- Il ne va rien t'arriver.
- Viens prés de moi.
- Détends-toi.
- Tu en es capable.
- C'est bien.
- Accroche toi.
- Relativise.
- Tu ne vas pas mourir.
- Tu t'améliores.
Oui. Ce matin je me dois de dire tout ce que je n'entends jamais.
Ce matin c'est comme si déjà tout le monde était parti.
Ce matin, il y a un fossé entre "liberté" et "chacun sa merde".
"Naked"
Photo : Constip'
03 janvier 2009
[ Agitation ]
J’étouffe … Je me prépare à partir une semaine à Toulouse pour travailler la pièce de théâtre. Des preuves à me fournir. Volonté de trouver de quoi m’isoler un peu. Duchesse qui me fait une crise parce que je ne suis pas dispo au moment où elle arrive chez moi. J’étouffe. Sentiment de subir. Sauf que personne n’entend. J’étouffe. Une île. Je rassemble tout mon courage. J’étouffe.
24/24 avec du monde.
Pas de petit chien en repère.
Endurance physique, psychique et intellectuelle.
Être capable.
Je stresse.
J’ai le cœur qui bat.
Pas de temps pour me calmer avant.
Duchesse en demande.
Quête de quiétude impossible.
Besoin de temps pour moi.
De temps vide.
Ça touche à mon moral.
Je sombre un peu.
Et comme n’importe qui dans une cage,
Je tourne en rond et panique.
Je me sens comme un jouet qu’on presse.
J’ai envie de crier sur tout le monde.
D’ailleurs, ça cri déjà au fond.
Un rocher.
Un endroit reculé des autres.
Trop d’autres.
Trop de rythme.
Une semaine seule.
11 décembre 2008
[ Pleutrerie muette ]

Il y a un an j’étais dans un trou. Ça dégueulait de mon corps. Je dormais sur le canapé avec ma doudoune en guise de couverture. Je peignais à longueur de journée sans but précis. Devant la télévision insipide que je critiquais à voix haute. Éponge de mon propre environnement chaotique et poussiéreux. À peine maître de mon langage, de ma respiration, de mon rythme. Mon traitement était l’inquisiteur à qui je devais tout, jusqu’à marcher d’une pièce à une autre. Un tas de chaire cagoulé, à la poitrine explosée, la jugulaire battante et offerte au vide que j’inhalais. Et puis aujourd’hui c’est étrange. Je monte un projet concret. Je suis active. Vois du monde. Fais face à des imprévus qui m’auraient paniquée auparavant. J’avance surtout en évitant de me le dire. Je fais mine de rien. J’imite l’aveugle de ses murs. .. Pourtant, entre chaque moment vivant, mes mains et mes pieds sont gelés alors que mes aisselles sont trempées. De la peur. La peur d’accomplir. D’être visible. Je suis concentrée dans une endurance qui me secoue ou me vide. J’entends parfois les tambours entre mes oreilles. Mes mains moites tremblent au point de ne pas pouvoir dessiner. Mon sommeil s’éternise, agité et volubile. Je vide mes anxios comme je fume, je bois comme je parle, j’ai chaud autant que froid. J’ai cru un moment que je gérais. Que je tenais à bout de bras la ficelle de mon travail. Celle de mon père et de sa crise cardiaque récente. Celle de mon suivit psy. Celle de mes amours. Celle de mes responsabilités diverses. Mais non. Je ne gère pas. Je suis juste au milieu, concentrée pour ne pas être touchée. C’est juste ça. Pas d’ongles noirs à force de me terrer un nid dans la terre. Je reste découverte à respirer tant bien que mal. J’ai accepté d’être malmenée, molestée, harcelée par mes angoisses tout en restant présente à ce que je suis entrain d’accomplir. Et tant pis si parfois je bégaye, fuis du regard, reste confuse. J’irai devant même en boitant. Je le cache juste. Je ne montre pas. Sans me défiler. Mais putain que j’ai peur. "bougies"
Reste concentrée Constip’.
Reste présente.
Avance.
Photo: Constip'
04 septembre 2008
[ Zombis, psychose japonaise et duchesse ]

La nuit j’ai rêvé que j’avais mi le feu à une fille que je soupçonnais d’être zombi. Et puis je la regardais comme un tas de braise sur ma table basse à la lumière d’une bougie. Mais la garce s’est tout de même réveillée, et fumante, elle rampait vers moi, elle venait sur le canapé où je dormais. Ça m’a fait ouvrir les yeux, je prenais conscience que je rêvais seulement. Mais ça revenait. Et pour finir je me voyais dormir et son cadavre se traîner vers moi dans la pièce, alors je sursautais pour regarder partout sur le sol. La nuit suivante, j’ai dormi dans mon lit avec la lumière allumée. Comme une gamine je luttais pour surveiller les alentours. J’ai si mal dormi que je préfère encore être un fœtus sur le canapé. Aujourd’hui j’ai vu une personne qui m’a expliqué que je me servais beaucoup plus de mon cerveau droit. Que c’est pour ça que j’ai des psychoses. Que ce mot ne doit pas me faire peur. Je l’ai tapé dans google, il fait un peu peur oui. La duchesse est toujours dans ma vie. Dans mon lit. Mais je n’y dors pas. Je fume l’avant dernier mégot qui traîne. Je l’écoute respirer. J’ai moins peur d’être dans une histoire, ça me passe. Mais sournoisement je suis piquée par moment avec des questions. Je reste trop détachée. Je brille de non implication. J’ai peur de ne pas pouvoir donner d’avantage. Mais il y a dans l’air de cette nuit quelque chose de bien. Je vais me reposer c’est certain. Je vais aimer m’allonger, me coller contre son dos et fermer tout simplement les yeux.
La majorité des gens utilisent leur cerveau gauche. Il sert au langage et à l’analyse. Alors que le droit sert à l’émotion et à la connaissance non verbale. Elle me dit que les japonais utilisent leur deux cerveaux, que je serais bien là bas. Je souris. C’est un peu le même bordel que chez moi autour du bureau désuet. Elle me propose un verre d’eau. Non merci.
Elle me dit que donc qu’il y a beaucoup de psychoses chez les japonais. Qu’il y a des psychoses et des névroses. Des cerveaux droits et des cerveaux gauches. Et je l’écoute un peu stoïque.
La duchesse la surnomme Nature Et Découverte, et ça me fait tellement rire.
08 juin 2008
[ Dimanche et quiétude ]

Je suis au milieu d’une masse de gens plus ou moins proches mais je ne les reconnais pas. Ils me saluent tous avec cette chaleur intrusive, cette bonne humeur agaçante et bruyante. Mon beau père doit revenir avec elle, alors j’attends un peu tremblante à cause du monde agité autour. Tremblante aussi parce que ça ne se passe pas très bien entre nous et qu’elle ne répond pas au téléphone depuis la veille. J’essaye de comprendre pourquoi pendant des heures, mais tous ces gens me parasitent avec les questions qui me gênent le plus « alors? Tu fais quoi dans la vie? Et ton expo? J’ai vu ton travail, je voulais connaître ta démarche artistique. Et le théâtre? » et je donne des réponses d’abrutie, maladroites et incultes.
Quand enfin mon beau père apparaît, il me dit qu’elle n’était pas à la gare, qu’elle n’est pas venue. Je suis mal. Je regarde la foule et je me dis que je vais devoir braver tout ça le temps d’un interminable dîner. Et en fond, l’idée qu’elle n’est pas venue, la chaise vide à coté de moi qui m’empêchera de suivre les discussions des autres que je ferai semblant d’écouter.
Je rêve de ce genre de malaise très régulièrement depuis 2004. Au moins trois fois par semaine. Je lutte, j’ai des émotions difficiles, un abandon. Je suis souvent heureuse de me reveiller. Ce malaise, il me reste en buée dans le bide tout le temps de mon premier café, à la prise de mes cachets j’ai un peu l’humeur cynique pour m’éviter de me voir sous un jour pathétique. Alors j’allume un pet dés le matin, pour être sûre d’avoir l’excuse de ne rien faire d’autre que de peindre. « t’as appelé la sécu aujourd’hui? » « nan j’étais trop défoncée sur ma toile ».
Rien de constructif. Et je me complais.
J’ai séché la psy aussi. J’ai envie qu’on me foute un peu la paix. J’en ai marre de cette salle d’attente remplie de cas qui foutent le boules juste avant de rentrer dans le bureau hyper intimiste pour raconter ses conneries. Je me suis pris un jour de vide, où j’ai fumé, peint et dormi.
Le soir je surf, nettoie mes pinceaux, parle avec mes amis virtuels. Je ne fini jamais mon dîner. Je traîne tard avec l’un ou l’autre de mes contacts. Et si je ne retourne pas peindre. Si je tarde à prendre mes cachets, je vais tchater sur un salon de filles à l’esprit étriqué, dénué de toute curiosité d’autrui. Je crois que ce vide me rassure. Que c’est pour ça que j’insiste. Ces salons sont les mouroirs de l’envie. Ça alimente mon dégoût du sexe et des femmes.
Et nous sommes dimanche. Pour moi ça ne devrait faire aucun différence sauf que si, je ne culpabilise pas de fumer un pet dés le réveil pour aller ensuite traîner mon corps à peine déplié sur le canapé et peindre comme s’il n’y avait rien d’autre à faire. Quoi qu’il y ait à faire, tant pis, on est dimanche.
Je ne me plains pas. Je suis bien comme ça. J’ai le choix. C’est juste assez bancale pour agir et pile poil assez équilibré pour en profiter.
On ne soigne pas la bipolarité, on la maîtrise. J’ai plusieurs fois entendu les autres me dire qu’il suffisait souvent de s’adapter à son humeur et non l’inverse. Qu’en les distinguant mieux, on pouvait en jouer et profiter de ce qu’elles apportent. Je crois que je viens de le comprendre.
j'ai un soupir de quiétude.
"painting"
Photo: Constip'

