02 octobre 2009
[ Ebauche d'horizon ]

Le silence est rompu. En quelque sorte.
Du coup je n'ai plus ce poids dans l'estomac. Cette envie de ne pas vivre les jours. Je n'ai plus de raison de les vivre dans mon lit. Alors je me suis levée. Je me suis trainée quelques jours pour me forcer à ranger pour me recoucher sans arrêt. Parce que je trouvais que c'était un vrai suicide que de se laisser aller dans un tel merdier. Et joie, tout est clean à force. A sa place. Rien ne traine.
Le cahier des charges est clair: Taire ce qui peut me traverser. Rester à ma place. Accepter.
J'y suis un peu habituée. A tel point que j'imagine trés bien la suite. Je me vois déjà être impassible et fermée quand des chevaux galopent dans mon esprit. Avaler en marchand sur des oeufs. Me persuader seule de ma propre valeur. Me dire qu'elle ne tient pas à ça. Ne pas s'écouter, attendre. Tomber le masque une fois revenue dans mon intimité pour grimacer à loisir.
Faire genre ... ignorer ... c'est un art.
Donc debout, l'appart nickel, le petit chien qui pavane avec son jouet en bouche, je suis maitre de mon univers. J'ai un choix d'occupation incroyable. Tant que je ne sais quoi choisir.
Bien sûr y a des petites taches au plafond. Des objets ici ou là qui ramènent un peu en arrière avec son goût. Y aussi l'absence de petites attentions surprises. Mais si on ne les attend plus ...
De toute façon ces derniers temps, je ne dormais plus avec mon téléphone. Et je dois me persuader que, ce n'est pas parce qu'il n'y a plus ces petites attentions que l'autre en a forcément rien à foutre.
Et je chasse très vite mes pensées parce qu'elles ont la couleur du regret, et ce n'est pas bon. De toute façon il y aura toujours cette couleur, alors autant faire en sorte qu'elle ne m'encroute pas. Que ça ne prenne pas tout. Je sais pour l'avoir vécu que par moment tout ça prendra le dessus, je dois vite savoir apprivoiser ça.
ça.
Tout réduit à ce petit mot, pudique et réducteur. ça.
Une partie de ma vie en deux lettres.
Des images, des intentions, des moments, des photos, des mots, des élans, des souvenirs, des bonds dans le coeur, des reflexes, des odeurs, des envies, des projets, des rires, des secrets, des touchers, des souffles à étouffer. A mettre au placard. Je me sens encore mal assurée devant cette boite de Pandore, mais ce n'est pas comme si j'avais le choix. Alors ...
Il faut s'y faire, l'entendre parler des autres et de ne plus se retrouver dans sa bouche. Avoir le visage du passé. Ne plus savoir où se trouve l'autre ni ce qu'il fait. C'est comme ça.
Pour une fois que mon àquoibonisme me sert à quelque chose ...
Je suis encore un peu seule au dedans, mais ça peut changer si je le veux vraiment. J'ai le corps fermé alors j'évite les corps des autres. Je ne vais pas m'inventer une libido pour m'occuper et me rassurer, ça me donnerait la gerbe. J'évite aussi certaines perches envoyées. Je tiens à vivre un peu mon célibat. SInon j'ai l'impression de remplacer. Je ne peux pas. J'ai tendance à aller vers un certain physique instinctivement. C'est idiot, et ça veut dire que je dois laisser passer du temps.
En résumé, ce n'est pas facile non. Les démons ne sont pas loin et je les vois. Mais ce n'est pas insurmontable. Je reste silencieuse alors, et me contente de ce que j'arrive à puiser en moi. Il n'y a pas grand chose pour le moment, mais je sais que c'est la bonne démarche.
Je garde tout de même un texto sur moi. "Mes pensées à toi ...". (21/09/09. 13h33). J'aime le relire. Je pense avec peine qu'il est le dernier ...
Je le dépose là, pour quand je ne l'aurai plus. Pour les jours où j'aurai de la peine de ce lien coupé. Me souvenir de l'energie qu'il m'avait donné.
"Manège"
Photo: Constip'
29 septembre 2009
[ Né(e) à la place d'un autre ]
28 septembre 2009
[ Empty Minds ]

"Empty minds"
Photo: Constip'
J'arrive chez ma partenaire scénique, un peu en avance. Il y a des invités. Je déconne pourtant, souris, réponds quand on me parle. Je lève mon verre. C'est la dernière. On doit y mettre du coeur, profiter, s'amuser. Mais quand les invités s'en vont, ma partenaire a les larmes aux yeux. Elle me dit qu'elle n'est pas dupe. Quelle voit comment je suis. Eteinte. Je ne participe pas vraiment. Je n'ai pas le petit mot pour rire. Pas de blague débiles. Elle me dit que "heureusement que tu n'étais pas comme ça quand on a ecrit la pièce".
Je suis touchée. Son mec en ajoute une couche. Il me secoue un peu. Lui aussi n'est pas dupe. "Oublie!"
Alors quoi? Je fais bonne figure mais ça ne marche pas. On me voit faire.
On joue la dernière. Salle pleine. Je tremble un peu. Bafouille par moment mais on arrive au bout de notre heure de jeu. Le premier rang nous interpelle à la fin pour nous dire son contentement. On remercie le théâtre, les regisseurs, le monteur son... On range nos costumes, démonte le decor et on éteint la loge. Je me sens plus légère.
Tournée gratuite au bar. Des amis sont venus. Du public est resté nous parler. Un membre de la direction veut que je passe la semaine prochaine. "Je veux t'aider moralement à monter un One parce que tu serais parfaite"... Un One, moi qui tremble à deux sur scène, on me pousse à essayer seule. J'écoute, j'entends.
Taxi de nuit. On charge le decor. Derniers efforts.
Une fois le décor rangé, on se boit un verre entre nous. Il fait frais. On se motive pour la suite. On extrapole. Trois heures du matin, je rentre à pied avec mon costume sur le dos. La place de la République est fluide. Les kébabs de la rue du Feaubourg du Temple ne sont pas fermés. Un troupeau fume devant le Gibus. J'ai les mains dans les poches. Je n'ai pas allumé mon mp3. Je suis consciente qu'une autre période arrive.
J'ai reçu un mail long comme le bras de mon père. Sans que je ne demande quoi que ce soit, il me prévient qu'aprés le stress régulier de la scène, on a un coup de mou. Il anticipe à ma place. Il me connait. Et puis on fait à peu de chose prés le même métier. Je lui réponds dans la nuit. Un long mail aussi. Je lui raconte tout depuis deux mois. Je sais que je peux tout dire. Qu'il va entendre. Qu'il va répondre de façon intelligente. Alors je lui livre tout mon bagage, sans la retenue qui me ceintre depuis quelque temps.
Je dois m'accrocher aux choses bêtement matérielles. Agir comme un robot. Penser le moins possible. Integrer la notion de repos. Ne pas être inactive là d'un coup. Je dois me persuader que je suis une artiste, et que les artistes vivent avec leurs émotions. Que les émotions ont aussi le revers de la medaille. Qu'il faut l'accepter... De se vivre.
J'ai accompli quelque chose, j'en ai perdu d'autres en route. C'est peut être un genre de loi logique. Aller jusqu'au bout d'un truc et en perdre un bout au passage. Il me reste à m'y faire.
Le sommeil tarde à venir. J'ai des rêves en moins. Les reveils sont plus lents. Tout est plus lent sans cette energie dans les membres. Alors je zone sur le net la nuit. Je tchat sans grande conviction. Je range mon appart petit bout par petit bout et passe mon temps dans mon lit. Une heure par ci, une heure par là sous la couette.
"Tu n'es pas là" m'a t'elle dit ses yeux fixés sur mon visage.
Non, je ne suis pas là. Ne m'en veux pas. C'est à prendre ou à laisser.
26 septembre 2009
[ Dernier levé ]

Le vent tourne. "Constipulsive, écoute ce que je vais te dire... ", "fais attention constipulsive... ", "constip' dis toi bien que...". ça veut dire que je dois écouter. Alors j'écoute. C'est la dernière représentation ce soir. Du coup je me rends compte que j'ai passé les trois mois de travail complêtement tournée vers moi même. J'ai négligé tout le reste à force de concentration. Et là, je me prépare au vide. Et le silence de La Duchesse. Pas un mot. Pas une nouvelle. Elle fait son deuil quelque part et je suis impuissante. ça me mord la peau. J'attends. Je surveille mon téléphone de jour en jour. Jouer, démonter tout le decor, le transporter, le ranger. La soirée va être longue ... J'anticipe le vide, le silence, l'ennui, le manque. Et puis analyses à faire. Depuis deux mois je suis un peu instable. La Duchesse m'avait mise en garde mais je n'ai pas écouté. J'ai mis ça sur le compte du stress du théâtre. On verifie mes hormones avant de decreter que j'ai un trouble de l'humeur. J'ai peur du labo. De me lever tôt parce que ça fait une longue journée à supporter ensuite. Et puis autour de moi ... pffff. Des gens sains. J'en manque. Mon entourage va me plomber si je ne fais rien.
Tout le monde m'appelle par mon prénom pour s'adresser à moi.
Ensuite, dormir, peindre, dormir ... dormir. Hyberner un peu dans mon coin. M'enfermer, tout ranger comme pour un nouveau départ. Et passer un peu de temps dans mon lit à écouter les bruits de la petite coure. Fumer, peindre ... tourner en rond.
Pas une pour rattraper l'autre. Des gueules cassées encore. Partout. L'une bourrée veut se foutre en l'air, une autre veut quitter son taff et boite, une autre encore me demande de l'aide et de l'écoute. Comme si j'avais les épaules. Comme si j'étais en mesure de porter. Moi.
"autoportrait"
Photo: Constip'
20 septembre 2009
[ La voix des autres ]

Je suis dans le froid. Je ne m'en plains pas. Je ne manque pas de chaleur autour de moi. Je ne suis juste pas disposée à prendre celle qu'on me propose. Parler, échanger, oser, partager, et pire : Donner.
Je suis en sens unique.
Et comme la petite Matmor"T" a abandonné son blog, et qu'elle m'a envoyé un texte qui a eveillé quelque chose de fort en moi, je le transmets ici.
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C'est pathétique, quand on y pense.
Au fond, personne n'est capable de contrôler ses actes.
Et c'est ce qui nous rend faible.
On fait le contraire de ce que l'on avait pensé faire, ou l'on ne fait pas ce que l'on avait décidé de faire.
Ou pire, on ne le fait pas.
Quoi que l'on fasse, on le fait mal.
Il n'y a pas de mots justes.
A vouloir nous débattre, et à vouloir se sortir de situations inconfortables, nous nous enfoncons toujours plus.
Comment réagir face à ça?
Chacun a une solution différente.
La mienne sera de me taire.
A chaque fois, je regrette les mots que j'emploie.
Car ils sont toujours mal choisis.
Au final, on cherche les mots justes.
Alors que les bons sont peut-être ceux de notre coeur.
Mais même ceux de mon coeur sont salis par ma bouche.
Matmor"T"
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Merci Mathilde, tu as mis le doigt sur quelque chose.
J'écris des lettres en sourdine dans ma tête. A longueur de temps. Des lettres avec mon coeur mais que je n'envoi pas. Par volonté de taire un peu les remous. Des lettres à tous le monde, par volonté de m'ouvrir. Mais non, je ne m'ouvre pas. C'est dommage ce manque de courage. J'ai des choses à dire. A tout le monde. Des choses qui viennent du coeur, et positives. Mais je suis fermée. Ca fait de la peine à certains, qui me le reclament. Il faut que je travailel là dessus, pis quoi? Les prendre un par un et leur livrer ce que j'ai de bon. Pourquoi toujours montrer le pire de moi même?
C'est être malhonnete vis à vis de soi.
Moins égoiste. Donner à ceux qui le font. Faut que je m'ouvre et que j'arrete de me plaindre du blindage que j'ai mis moi même. Et tan pis si je n'ai pas la bonne réaction devant moi. Il me faut m'ouvrir, vraiment. Sinon je n'avancerai pas avec honetetè.
Mes lettres en sourdine, il faudrait qu'elles soient dites. Parcequ'elles sont bien plus autentiques que mes mots. Go Naked est ecrit en gras sur mon en tête, et je ne suis pas toujours sûre d'y venir aussi nue que ça.
"Terrasse"
Photo: Lola
16 septembre 2009
[ Home² ]

"Ne te mets pas avec n'importe qui. Ne te mets pas dans n'importe quelle histoire. Ta fragilité et ta sensibilité peuvent donner au gens l'envie que tu leurs appartiennes." Arpenter les couloirs du métro, avec tous ses organes ceintrés au dedans. Et puis se servir un verre, se poser devant son ecran, et lacher tout. Tout ce qu'on a retenu dans le ventre. La peine n'est pas une jolie image d'angelot mélancolique. Qui touche. Rien de bien bandant. Demain je vais au centre.
Garder son souffle, les jambes molles et les idées confuses.
Mettre un bon morceau de rock sur ses oreilles pour céder à la violence dans la tête.
Sortir les clefs et saluer le petit chien.
Elle est faite de morve, de bave, de salé et de visage déformés. De décrépitude de l'esprit et de l'abandon du corps.
"Couloirs"
Photo: Constip'
15 septembre 2009
[ Station ]

T'es là, assise comme une conne qui ne saurait plus utiliser ses membres. La tête si retournée qu'on en est flou sois même. Les bras fourmillent de chaud et tout respire. Le moindre pore du corps te hurle dessus, et y a tellement de bruit qui s'agite dans le crane que les genoux se petent entre eux. Et la honte en enclume sur le dos, qui te revulse les yeux, te ronge la bouche avec un gout amer de dégout envers toi. C'est la merde d'être changeante et de ne pas avoir la faculté de réellement penser à ce qui est meilleur ou pas. J'ai fanfaroné, voulu montrer que MERDE je suis comme je suis et en un claquement de doigt venu de plus haut que moi, je me suis retrouvée dans une autre vie. Je me retourne histoire de voir ... ... Woaw! Quand même, jsuis douée. Je reste à moitié complètement concentrée sur ce que j'ai à faire.
Très forte.
Je me suis sabotée toute seule.
Deux semaines, c'est dans mes cordes.
Faut que je m'assume.
Je reste bien face à mes obligations.
Allez deux semaines.
Ensuite je lache tout!
"Rails"
Photo: Lola
13 septembre 2009
[ Kermit ]

Merci petite MatmorT
[ Soir ]

"Soir"
Gribouilli: Constip'
12 septembre 2009
[ Place Ha Ha Ha ]

Y a un truc qui revient souvent, c'est cette volonté de chacun à vous poser à une place dans leur vie. Une place bien definie.
En place pour l'une je suis l'ex, l'autre la maitresse, la meilleure amie, Une plage horaire, la pote, la confidente.
Mais je reste quelqu'un d'humain. Et je ne peux pas adherer à tout. J'ai aussi mon histoire. Mes envies et mes besoins.
Alors j'emmerde les places qu'on me donne parce que ça va bien cinq minutes. Y a des jours ou merde quoi, j'ai envie d'être moi avant la place qu'on m'a donné. Alors là, dans mon petit coin, je dis haut et fort (mais discretement)
Je vous emmerde avec ma place. Je voudrai qu'on me laisse libre. Et rien à faire, je ne peux pas toujours être là où on m'attend. Me place.
(oui faut que je change d'air un peu)
ps: Bon bein je ne m'acheterai pas le dernier Muse :/
"La place"
Gribouilli: Constip'
