11 mai 2009
[ Ambulation psychosomatique ]

Nuits tardives. Sommeils coupés. Tout est devant moi. Je l'ai toujours voulu et c'est là. A portée de main. Et pour la première fois de ma vie, je ne fuis pas. Aucune gloire, c'est juste que je ne peux pas
Je me sens nue. Exposée. Parfois fébrile devant la réussite que je ne sais pas comment prendre. Tout avance et m'échappe en même temps. Question de rythme. Assimiler. Je n'en ai pas le temps.
Pour une fois, mes angoisses ne sont que de l'anxiété. Une anxiété normale, propre à n'importe qui. Trouver de l'argent pour le théâtre. Des contacts pour la comm. Crouler sous un découvert.
Je fais quelques paniques parfois. Qui me mènent directement au cmp. Mais au fond, c'est bien mieux de paniquer pour quelque chose de concrêt plutôt que sur son vide ou son silence. C'est idiot mais je me sens comme tout le monde et ça me fait plaisir. J'ai les mêmes soucis que les autres. C'est un peu comme dire que je suis quelqu'un.
Fébrile donc. Remontée mais fébrile.
Et puis terriblement seule par moment.
Personne à qui vraiment transmettre mes craintes. Mes scenarios catastrophes. Mes anticipations negatives. C'est plus fort que moi. Voir le pire ... toujours ce pire ... qui bouche la vue au reste.
Depuis le début de cette aventure je ne sais pas bien où je vais, et c'est tant mieux finalement. Si j'avais su le poids des soucis venant, je ne l'aurais pas fait. Par simple peur.
Dans quelques jours on devrait signer avec un théâtre connu de Paris. Au fond de moi je suis heureuse, presque enjouée. A vrai dire j'ai hâte. Mais la peur, cette saloperie de peur, me bloque. J'ai du mal à réfléchir. Tout mon traitement est à la hausse. Je suis agitée. J'ai tendance à penser que tout va trop vite, mais j'ai tort. C'est un rythme normal pour n'importe qui.
Dans mon corps il y a cette adrénaline sans arrêt. Elle me fait parfois bafouiller. Me donne des pics de speed. Mais c'est aussi un genre de force.
Faire le constat de sa vie avec cette adrénaline ... ça renforce.
Il y a des choses autour de moi qui devraient changer.
De couleur, de dynamique, d'envergure et de chaleur.
Chaleur?
D'ailleurs où se trouve la chaleur?
Certaines difficultés me lassent.
Certains efforts atteignent leurs limites.
J'arrive même par moment à me dire que NON.
NON, ce n'est pas vraiment dans mon vocabulaire.
Mais ça devrait.
Devra.
Je serre les dents.
Je baisse les yeux, pour ne pas trop voir autour.
Parce qu'il y aura encore demain. Aprés demain. Et ça, on n'y échappe pas.
Aux doutes non plus.
"Pillow"
Dessin : Constip'
Commentaires
mais trankill..jme suis versé l'eau des pates bouillante sur la main si ça peut te changer les idées, biz
SAI
Finalement.
Ce sont les coups durs qui nous permettent d'avancer. Le projet avance, la pièce semble avoir rencontré le succès escompté. Je l'espère. J'espère que tu pourras signer le contrat avec le fameux théâtre. (Et que je vais pouvoir y aller cette fois)
C'est heureux de voir comment tu prends les événements. L'angoisse est stress, et tout à fait justifiée. Ce sont les "joies" du métier, qui aussi, permettent de pouvoir profiter d'instants terriblement intenses une fois les problèmes surmontés.
Un grand ménage de fait, la sensation de reprendre sa vie en main. J'espère que tu es beaucoup plus qu'une plage horaire. Mais la colère doit être exprimée, même si c'est pas le biais de ton blog.
Bref, bref, continue ta route, tu as la chance de faire ce que tu aimes, malgrè les galères. Tu t'accroches, c'est beau. Voilà.
A plus tard, tiens le coup ! Pouik.
