19 avril 2009
[ Anecdotique ]

"Va te laver les dents", "Pas de chien dans le lit, d'ailleurs, pas de chien dans la chambre", "Va te laver les mains", "Fini de trainer en pygama", "Va te laver les cheveux", "Quand je viens tu dois être douchée et prête à me reçevoir", "Tu n'as pas à m'appeller Mon petit porcinet, c'est humiliant. Ni à moi, ni à personne, c'est un franc manque de respect", "Mange le matin", "Si tu ne m'écoutes pas, je pars", "Tu n'es pas assez séduisante", "Tu fais negligée", "Tu n'entends pas mes demandes", "Tu n'es pas libre", "Ce que tu fais n'est pas normal", "Tout est figé dans ton appart'".
Ce qui doit être pour m'améliorer claque comme une cravache. Me désoriente. Et tout ça défile dans mon crâne agité. "Vous vous braquez? C'est normal. Vous faites face à la sévérité de votre mère. Sauf que là, vous ne fuguez pas" ... Je ne comprends pas plus un coté que l'autre. J'avale je ne sais quoi.
"Va te laver les dents", "Pas de chien dans le lit, d'ailleurs, pas de chien dans la chambre", "Va te laver les mains", "Fini de trainer en pygama", "Va te laver les cheveux", "Quand je viens tu dois être douchée et prête à me reçevoir", "Tu n'as pas à m'appeller Mon petit porcinet, c'est humiliant. Ni à moi, ni à personne, c'est un franc manque de respect", "Mange le matin", "Si tu ne m'écoutes pas, je pars", "Tu n'es pas assez séduisante", "Tu fais negligée", "Tu n'entends pas mes demandes", "Tu n'es pas libre", "Ce que tu fais n'est pas normal", "Tout est figé dans ton appart'".
Et ça défile. Me courbe. Sur la page de ces lignes, il y a un tout petit trou blanc où je me trouve. Acculée dans un coin. Me surveiller. Me concentrer. Pis surtout se taire, à cause des concéquences qui grossissent si vite.
"C'est de ta faute Constip'. Tu aurais du poser les limites".
Facile à dire. J'essaye de prendre un bout de cette mélasse, et je me perds.
"Tu ne peux pas rester toi même tout en écoutant ces demandes?"
Comment savoir ça?
La pièce est passée. On a une bonne proposition de contrat. Je croyais qu'aprés l'effort il y avait un moment de relâche où s'oublier un peu. Je n'ai rien fêté. Je suis rentrée tard et j'ai fini ma cigarette sur le trottoire des crottes de chiens pour profiter un peu de l'air. Trouver une production. Envoyer des mails. Changer l'affiche. Créer l'accroche. Tant de choses à faire. A penser. Encore.
Je n'ai pas parlé de la soirée. J'ai mangé du pain nerveusement. J'ai fumé à m'en éteindre la conscience. J'ai fuis tous les regards. "La Duchesse n'est pas là?", "Comment va la Duchesse?", "Toi, t'as pas le moral ou alors tu es fatiguée".
Autant de moments en fuite. Et très tard dans la nuit, la main de mon amie sur mon épaule, la tête entre les poings, les yeux fermés à respirer. Dépassée.
Mon lit. Qui ressemble à un bord d'immeuble. Là au bord du grand vide. Les yeux ouverts sous la couette qui m'etouffe. Je ne suis pas une combattante, alors je glisse. Par manque de souffle sans doute.
Comme j'aimerai me réjouir de ce que j'ai accompli. Comme j'aimerai écrire la vie qui m'a traversée. Pourquoi les môments de grâce sont ils si courts? Comment, aprés tant de travail, trouver encore cette solitude collée à ma peau? Qu'est ce que faire des choses normales? Où est ma dignité? Où commence ma liberté? Quelle est t'elle? Que suis-je entrain de devenir?
Ma seule certitude est que non, je ne vivrai pas cette journée.
Photo: Constip'
"Alarme"
Commentaires
Coup de coeur sur ton blog et tes écrits. Je repasserai.
Voilà, je passe ici. Rarement c'est vrai.
Mais là ce soir... je lis ce post.
Et tes mots me percutent. de plein fouet.
Tant de questions et des réponses inexistantes...
Comment se réjouir en pleine extase quand on connait la chute ?
Il n'y a pas de normalité dans la vie de tous les jours... Elle est Notre vie.
j'aime pas.
